TERRAMORPHOSES

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La fête des 20 ans de Cassandre...

Publié le 29 Avril 2015 par Claire Richez

Un très bon moment de partage à la maison de l'Arbre à Montreuil.
Des expos, des rencontres des ateliers et des débats...

D’art et d’amour, mise au point

J’ai décidé d’écrire cette mise au point suite à une remarque qui m’a été adressée à l’issue de mon intervention dans le débat sur le combat de l’art dans la société marchande, organisé par Cassandre : « Parler d’amour, c’est niais. » Eh bien non, parler d’amour dans le domaine de la culture n’est en rien puéril.

Certes, les termes du débat portaient sur la relation entre la production artistique et les financements. J’ai circonscrit mes interventions autour de ma pratique de la peinture, puisque c’est le domaine que je connais le mieux, et il est certain que ma manière de vivre ne pose pas tout à fait la question en ces termes.

Je me suis extraite du « monde de la culture » dès la fin de mes études aux Beaux-Arts et je tente, depuis 1997, date à laquelle je suis arrivée à Angers, de créer une formule indépendante des pouvoirs institutionnels.

Ce choix entraîne une grande précarité que j’assume entièrement, d’autant plus grande que, contrairement à ce que pensent la plupart des gens, les artistes plasticiens, comme d’ailleurs les écrivains, ne bénéficient d’aucun système de soutien tel que l’intermittence et sont tenus, pour subsister, d’exercer un métier ou d’avoir un job alimentaire. Loin de moi l’idée d’entrer en concurrence ou de remettre en cause cette organisation, ma présence à l’anniversaire de Cassandre en témoigne. Simplement, c’est une réalité dont les conséquences se mesurent à l’aune d’un quotidien spécialement équilibriste, voire parfois difficile.

Je n’ai donc jamais bénéficié de subventions de fonctionnement, mais il m’arrive de travailler avec des institutions qui financent des projets. La nature réelle de ces projets, qui relèvent de la création pure et d’une intention bienveillante, tient précisément du « mystère de l’art », qui n’est jamais loin de celui que les Grecs anciens appelaient l’agapè. Evidemment, les institutions n’entendent guère ce discours et elles le traduisent en des termes qui tiennent plus de la productivité d’entreprise que du don. Les « entreprises culturelles » agissent également de la sorte, et ne parlons pas du « marché de l’art ». Voilà pourquoi la seule manière, pour moi, d’œuvrer en parfaite adéquation avec le principe même de ma pratique artistique consiste à bâtir mon indépendance au prix d’un confort matériel.

Je peux facilement concevoir que parler d’amour à propos d’ateliers de peinture soulève des interrogations. Pourtant, non seulement c’est bien l’énergie à l’œuvre dans tout processus créatif, mais c’est le terme qu’emploient les publics avec qui je travaille. Ce sont ces gens en souffrance qui renouent avec une part d’eux-mêmes sinon condamnée à l’étouffoir.

Et qu’est-ce que l’art, sinon une accession, voire un accès à la beauté, à la douceur, au souffle d’une extase vitale à laquelle je rêve que l’humanité participe ?

Je rejoindrai ici Albert Camus qui écrivait, dans son Discours de Suède en 1957 : « L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l'artiste à ne pas s'isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle ».

"Atelier en vis à vis" Dessins d' Arbres par coulure de brou de noix sur papier. Série pour face B des Animaux Planètes"Atelier en vis à vis" Dessins d' Arbres par coulure de brou de noix sur papier. Série pour face B des Animaux Planètes"Atelier en vis à vis" Dessins d' Arbres par coulure de brou de noix sur papier. Série pour face B des Animaux Planètes

"Atelier en vis à vis" Dessins d' Arbres par coulure de brou de noix sur papier. Série pour face B des Animaux Planètes